CONFERENCE DE PRESSE DU 25 FÉVRIER 2021

Jóg ngir réew mi tege ci yoon
Jóg ngir dëgëral demokaraasi

Le Sénégal vit une crise sans précédent marquée par une pandémie mortelle et une tension politique sur fond « d’accusation de viol » et de « complots » qui dépasse les limites de l’acceptable. Jamais l’Etat de Droit n’a été aussi fragilisé. Les piliers et les fondamentaux de notre démocratie sont à terre, piétinés par le régime de Macky Sall, déterminé à tailler les institutions sur mesure.

Quand tous les jours la séparation des pouvoirs n’est pas respectée, quand régulièrement l’égalité devant la loi n’est pas garantie, quand le plus souvent les gouvernants usent et abusent de leur pouvoir pour instrumentaliser la justice, quand le législatif et le judiciaire sont à la solde de l’exécutif, on peut affirmer sans risque de se tromper, qu’il y a viols répétitifs des principes de la République.

La justice, principale institution qui garantit l’égalité de tous devant la loi, est aujourd’hui dangereusement rejetée par les populations qui n’y voient qu’un « machin » entre les mains du pouvoir pour casser de l’opposant. Après Karim Wade et Khalifa Sall, les arrestations s’enchainent sur des acteurs qui n’ont commis aucun crime, à part défendre et partager des opinions contraires à celles de la majorité qui gouverne.
Nul besoin de le dire, l’Etat de droit est mis en mal au Sénégal par la puissance publique qui est pourtant censée le préserver. Ce qui se passe depuis un moment sous le régime de Macky Sall est une tentative assumée de substituer un Etat policier à l’Etat de droit. De l’affaire Adama Gaye aux dernières arrestations de membres du parti Pastef et du mouvement Frapp en passant par celle de Boubacar Seye, le régime dit à qui veut l’entendre, que rien ne l’arrêtera dans sa volonté de museler l’opposition et les citoyens qui contestent ses manières de faire et sa politique.

Les acquis démocratiques sont en train d’échapper au peuple sénégalais à cause du bon vouloir d’un camp et pour satisfaire les aspirations d’une seule personne et des appétits féroces d’une classe politique prête à tous les reniements de leurs propres valeurs pour le pouvoir. Tout pour le pouvoir ! Cela est inacceptable !

Aujourd’hui plus que jamais, il est urgent que les forces vives se dressent contre ces forfaitures afin de restaurer et préserver les acquis démocratiques obtenues de luttes intenses avec le sacrifice, parfois au prix de leur vie, de sénégalais de différentes générations à différents moments.
Le Sénégal a besoin de ses fils et filles pour sauver l’essentiel. Nous ne pouvons plus laisser faire, laisser arrêter et emprisonner toutes voies et voix discordantes. Car, ces dérives autocratiques n’épargneront personne. Il faut se lever pour exiger de Macky SALL le retouraux principes de l’Etat de droit, la libération des détenus politiques et une réelle séparation des pouvoirs avec une justice indépendante seule gage de stabilité et de paix sociale.

Fidèle à son engagement de contribuer au renforcement de la démocratie et à la préservation des libertés garanties par les textes et lois du pays, le mouvement Y en a marre appelle à la mobilisation de toutes les sénégalaises et de tous les sénégalais. Il appelle toutes les forces vives (société civile, mouvements citoyens, organisations syndicales, organisations politiques, personnalités indépendantes) à se dresser contre cette remise en cause de nos acquis démocratiques. Que chaque sénégalais se sente concerné et prêt au combat !

Nous informons l’opinion nationale et internationale, que Yen a marre a pris toutes les dispositions légales pour une marche le vendredi 5 mars 2021 à 15h, de la Place Washington à la place Soweto. Le même jour, les Sénégalais se mobiliseront partout dans le pays et la diaspora pour faire entendre la voie de la raison, de la démocratie et de la justice : Jóg ngir réew mi tege ci yoon, Jóg ngir dëgëral demokaraasi.

Fait à Dakar, le jeudi 25 février 2021.

Il n’y a pas de destin forclos, il n’y a que des responsabilités désertées