Monsieur le Président, les Sénégalais attendent des actes, pas seulement des mots
Tribune libre

Monsieur le Président, les Sénégalais attendent des actes, pas seulement des mots

À la veille du discours à la Nation, Y’en a Marre met trois urgences sur la table : justice, logement et électricité.

Demain, le Président de la République s’adressera aux Sénégalaises et aux Sénégalais.

Comme chaque année, cette adresse sera l’occasion de regarder dans le rétroviseur, de faire le bilan de l’année écoulée et de dessiner les perspectives pour celle qui commence.

Mais pour des millions de Sénégalais, l’heure n’est plus seulement au bilan.

L’heure est aux réponses.

Parce qu’entre les promesses faites, les réformes annoncées et la réalité vécue au quotidien, il existe encore un écart que les citoyens ne peuvent plus ignorer.

À Y’en a Marre, nous avons choisi de mettre trois sujets sur la table : la justice, le logement et l’électricité.

Justice : combien de temps faudra-t-il encore attendre ?

Les Assises de la Justice avaient nourri un immense espoir.

Celui de voir notre système judiciaire profondément réformé, rendu plus indépendant, plus accessible et plus efficace.

Mais les citoyens attendent toujours de voir les recommandations se transformer en changements concrets.

Une réforme qui reste longtemps dans les commissions, les consultations et les annonces finit par perdre sa force auprès de ceux qui l’attendent.

La justice ne peut pas être une promesse permanente. Elle doit devenir une réalité.

Derrière chaque dossier judiciaire, il y a un citoyen. Une famille. Une liberté. Un droit. Une vie parfois suspendue à une décision.

Le Sénégal a besoin d’une justice qui inspire confiance, qui protège les citoyens et qui fonctionne dans des délais compatibles avec les exigences d’un État de droit.

Logement : le loyer étouffe les ménages

Deuxième urgence : le logement.

Aujourd’hui, pour beaucoup de familles sénégalaises, payer son loyer est devenu un combat mensuel.

Le problème n’est pas abstrait. Il se retrouve dans les foyers, dans les quartiers, dans les conversations entre jeunes travailleurs et dans les arbitrages quotidiens des familles.

Quand une famille consacre une part excessive de ses revenus à son logement, c’est tout son équilibre économique qui vacille.

Se loger dignement ne doit pas être un privilège réservé à ceux qui disposent de revenus suffisants.

La politique du logement doit donc être pensée à partir de la réalité des citoyens : disponibilité des logements, coût du loyer, accès au foncier, urbanisation et proximité avec les lieux de travail.

Les Sénégalais n’attendent pas uniquement des chiffres sur le nombre de logements à construire.

Ils veulent savoir quand et comment ils pourront réellement se loger.

Électricité : une facture qui pèse, un service qui doit suivre

Troisième urgence : l’électricité.

Pour les ménages, les artisans, les commerçants et les petites entreprises, la facture énergétique représente une charge réelle.

Et lorsque le coût est élevé, l’exigence est simple : le service doit être à la hauteur.

Une électricité accessible, disponible et stable n’est pas un luxe. C’est une condition du développement économique et du bien-être des ménages.

La question énergétique doit donc être traitée comme une question de pouvoir d’achat, mais aussi comme une question de souveraineté et de développement.

Le peuple a fait sa part. L’État doit maintenant faire la sienne.

Ces trois sujets ont quelque chose en commun : ils touchent directement la vie quotidienne.

Ils ne concernent pas seulement les experts, les techniciens ou les administrations.

Ils concernent le peuple.

Et c’est précisément pour cela que nous les mettons au cœur du débat à la veille du discours présidentiel.

Y’en a Marre ne demande pas au Président de faire un discours parfait.

Nous lui demandons de parler vrai.

De dire ce qui a été fait.

De reconnaître ce qui ne l’a pas été.

De donner des échéances lorsque des engagements restent à réaliser.

Et surtout, de transformer les annonces en résultats mesurables.

Le pouvoir actuel est né d’une longue histoire de mobilisation citoyenne et d’une aspiration profonde au changement.

Cette histoire crée une responsabilité particulière.

Les Sénégalais n’ont pas seulement voté pour un changement de dirigeants. Ils ont voté pour un changement de pratiques, de gouvernance et de résultats.

Le discours présidentiel ne doit donc pas être un rendez-vous de plus avec les mots.

Il doit être un rendez-vous avec les actes.

Monsieur le Président,

La justice ne peut plus attendre indéfiniment.

Le logement ne peut plus être une charge qui étouffe les familles.

L’électricité ne peut pas être abordée uniquement comme une question technique.

Ce sont des urgences citoyennes.

À la veille de votre adresse à la Nation, notre message est simple :

les Sénégalais ont suffisamment entendu parler du changement. Ils veulent maintenant pouvoir le vivre.

Y’en a Marre restera attentif, vigilant et engagé aux côtés des citoyens.

Parce qu’une démocratie ne se résume pas au vote.

Elle se construit aussi dans la vigilance citoyenne, le contrôle de l’action publique et la capacité du peuple à demander des comptes.

Monsieur le Président, les Sénégalais attendent des actes, pas seulement des mots